Présentation de l’atelier

Reportage 2019 France 3 – Patrick, la mélodie du bonheur sort de ses boîtes !

Les racines de l’atelier de la Flambardière

Je travaille comme le faisaient « les anciens », avec si possible du « bon sens », et une sensibilité toujours en éveil avec le monde qui m’entoure. Bien sûr, j’utilise aussi les technologies d’aujourd’hui mais comme outils pas comme finalité robotique pour me remplacer.

De l’imagination

Avant la réalisation concrète d’une boite à musique, il y a la création. L’idée, le besoin irrépressible d’une expression, le défi de la nouveauté, ou de la difficulté, la conception qui passe par le dessin et la réalisation d’un prototype.

Prototype de Marimba

Du bois normand, des essences locales

En amont, il faut trouver du bois, en respectant les arbres, ces êtres vivants éminemment remarquables. J’ai un immense respect pour les arbres, une intuition et une proximité depuis presque 40 ans avec eux. En fait, ce sont les arbres qui m’ont permis d’élargir mon champ de conscience sur le monde végétal, l’environnement et la vie en général. D’ailleurs, bien au-delà des religions, notre enracinement culturel est lié au monde végétal et animal, fondements de nos sociétés pendant des millénaires.

De multiples raisons m’ont amené à n’utiliser que des essences locales :  

  • la proximité de la ressource,
  • la  variété des caractéristiques mécaniques et esthétiques,
  • la conscience que la présence et la vie des arbres sont conditionnées par la main de l’homme,
  • la compréhension des paysages,
  • la communication avec le monde rural et la transmission. Il m’est arrivé d’acheter des pommiers à un homme qui les avait plantés avec son grand-père, 75 ans plus tôt.
  • la valorisation d’arbres qui auraient seulement été utilisés en bois de chauffage.
  • faire vivre une micro-économie locale, chaque objet vendu, redistribue de la richesse vers ceux qui plantent, me permet de vivre et de donner de l’emploi local. Etc.
Plateau aux 3 sirènes

J’achète la plupart des arbres arrachés par une tempête, notamment pour les fruitiers, mais aussi après un abattage indispensable, quand l’arbre devient dangereux.

Des fournitures indispensables

Comme dans toutes entreprises de fabrication :

  • il y a les approvisionnements en  outillage divers, machines, électroportatif (scie sauteuse, etc..), ciseaux à bois, papiers de verre….
  • les fournitures en quincaillerie charnières, vis, …
  • Le verre (miroir), le cuir, feutrines, teintes, peintures et vernis, …
  • les mécanismes à musique (et ce n’est pas une mince affaire),
  • la comptabilité,
  • la communication,
  • l’informatique comme outil,  

En conclusion succincte : on peut dire que l’artisanat, en dehors des contacts humains évidents, ouvre, à l’intérieur même d’un métier, sur une grande diversité d’activités. C’est une terre d’aventure !!!

Artisan Cueilleur de Boites à musique

Être artisan sculpteur sur bois, c’est être curieux et observateur pour engranger des connaissances, c’est maîtriser des techniques au service de l’expression. Comme les musiciens, nous sommes des capteurs et notre travail concrétise une sensibilité…

Une des priorités de l’atelier, c’est son implantation locale d’où la nécessité de développer des objets ou des travaux abordables au plus grand nombre avec les mêmes exigences de qualité que les réalisations les plus sophistiquées….

Depuis 40 ans, je sillonne le bocage normand toujours en recherche des trésors de la biodiversité pour valoriser une matière première locale et j’achète aux agriculteurs, pommiers, poiriers, merisiers, noyers, ormes, chênes, frênes, tilleuls, alisiers, buis, prunus, etc… Et parfois, je découvre des singularités comme les loupes d’orme, ou le frêne olivier. J’extraie du cœur de ces arbres :

  • des boites à musique, en y intégrant des mouvements de 18 à 72 notes
  • des objets en bois
  • des sculptures sur bois.